Le pays du pape, au contraire, depuis Orviette jusqu’à Terracine, dans l’espace de plus de cent vingt milles de chemin, est inculte, inhabité, et devenu malsain par la disette ; on peut y voyager une journée entière sans y trouver ni hommes ni animaux ; il y a plus de prêtres que de cultivateurs ; on n’y mange guère d’autre pain que du pain azyme. C’est là ce pays qui était couvert, du temps des anciens Romains, de villes opulentes, de maisons superbes, de moissons, de jardins, et d’amphithéâtres. Ajoutons encore à ce contraste que six régiments suisses s’empareraient en quinze jours de tout l’État du pape. Qui aurait fait cette prédiction à César, lorsqu’en passant il vint battre les Suisses au nombre de près de quatre cent mille, l’aurait bien étonné.