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Citations

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Lettres d'une Péruvienne
Il nous siérait mal de faire les magnifiques avec vous, vous le connaîtrez dans peu.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Quel qu’en soit le motif, nous sommes toujours redevables à ceux qui nous font éprouver un sentiment doux.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
D’un autre côté, Déterville m’a assuré qu’il nous était à jamais impossible de revoir la ville du Soleil. Après le séjour de notre patrie, en est-il un plus agréable que celui de la France ? Il te plaira, mon cher Aza, quoique la sincérité en soit bannie ; on y trouve tant d’agréments, qu’ils font oublier les dangers de la société.
(Lettre XXVI)
Lettres d'une Péruvienne
Déterville a écrit devant moi au ministre d’Espagne. Il le presse de te faire partir, il lui indique les moyens de te faire conduire ici avec une générosité qui me pénètre de reconnaissance et d’admiration.
(Lettre XXVI)
Lettres d'une Péruvienne
Le temps est trop cher pour le prodiguer sans nécessité.
(Lettre XXVI)
Lettres d'une Péruvienne
Bientôt réunie à mon bien, à mon être, à mon tout, je ne penserai plus que par toi, je ne vivrai que pour t’aimer.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Quoi qu’il en soit, mon cœur est sous tes lois ; soumise à tes lumières, j’adopterai aveuglement tout ce qui pourra nous rendre inséparables.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Qu’il est doux, après tant de peines, de s’abandonner à la joie !
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Je te l’avoue, mon cher Aza, quoique Déterville me soit cher, quoique je fusse pénétrée de sa douleur, j’avais trop d’impatience de jouir en paix de ma félicité, pour n’être pas bien aise qu’il se retirât.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Vous flétrissez mon âme en la forçant d’être ingrate ; vous désolez mon cœur par une sensibilité infructueuse. Au nom de l’amitié, ne ternissez pas une générosité sans exemple par un désespoir qui ferait l’amertume de ma vie sans vous rendre heureux. Ne condamnez point en moi le même sentiment que vous ne pouvez surmonter, ne me forcez pas à me plaindre de vous, laissez-moi chérir votre nom, le porter au bout du monde, et le faire révérer à des peuples adorateurs de la vertu.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Quoi ! Zilia, s’écria-t-il, vous voulez nous quitter ! Ah ! je n’étais point préparé à cette funeste résolution, je manque de courage pour la soutenir. J’en avais assez pour vous voir ici dans les bras de mon rival. L’effort de ma raison, la délicatesse de mon amour m’avaient affermi contre ce coup mortel ; je l’aurais préparé moi-même, mais je ne puis me séparer de vous, je ne puis renoncer à vous voir ; non, vous ne partirez point, continua-t-il avec emportement, n’y comptez pas, vous abusez de ma tendresse, vous déchirez sans pitié un cœur perdu d’amour. Zilia, cruelle Zilia ; voyez mon désespoir, c’est votre ouvrage. Hélas ! de quel prix payez-vous l’amour le plus pur !
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Mon bonheur, lui dis-je, ne sera jamais sans mélange, puisque je ne puis concilier les devoirs de l’amour avec ceux de l’amitié.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Je cherchais des termes qui exprimassent la vérité de mon cœur sans offenser la sensibilité du sien, je ne les trouvais pas, il fallait parler.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Cette admirable lettre est écrite par un homme qui te connaît, qui te voit, qui te parle ; peut-être tes regards ont-ils été attachés un moment sur ce précieux papier ? Je ne pouvais en arracher les miens ; je n’ai retenu qu’à peine des cris de joie prêts à m’échapper, les larmes de l’amour inondaient mon visage.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Voici, continua-t-il, une lettre de ce parent dont on vous a parlé : en vous apprenant le sort d’Aza, elle vous prouvera mieux que tous mes serments, quel est l’excès de mon amour, et tout de suite il m’en fit la lecture. Ah ! mon cher Aza, ai-je pu l’entendre sans mourir de joie ? Elle m’apprend que tes jours sont conservés, que tu es libre, que tu vis sans péril à la Cour d’Espagne. Quel bonheur inespéré !
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Je ne vous aurais pas obligée à me voir, si je ne vous apportais autant de joie que vous me causez de douleurs. Est-ce trop exiger, qu’un moment de votre vue, pour récompense du cruel sacrifice que je vous fais ?
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Que la prudence est quelquefois nuisible, mon cher Aza ! j’ai résisté longtemps aux puissantes instances que Déterville m’a fait faire de lui accorder un moment d’entretien. Hélas ! je fuyais mon bonheur.
(Lettre XXV)
Lettres d'une Péruvienne
Jusqu’ici, au milieu des orages, je jouissais de la faible satisfaction de vivre en paix avec moi-même : aucune tache ne souillait la pureté de mon âme ; aucun remords ne la troublait ; à présent je ne puis penser, sans une sorte de mépris pour moi-même, que je rends malheureuses deux personnes auxquelles je dois la vie ; que je trouble le repos dont elles jouiraient sans moi, que je leur fais tout le mal qui est en mon pouvoir, et cependant je ne puis ni ne veux cesser d’être criminelle. Ma tendresse pour toi triomphe de mes remords. Aza, que je t’aime !
(Lettre XXIV)
Lettres d'une Péruvienne
Déterville désintéressé par lui-même, se donne des peines infinies pour tirer Céline de l’oppression. Il semble que son malheur redouble son amitié pour elle ; outre qu’il vient la voir tous les jours, il lui écrit soir et matin ; ses lettres sont remplies de si tendres plaintes contre moi, de si vives inquiétudes sur ma santé, que quoique Céline affecte, en me les lisant, de ne vouloir que m’instruire du progrès de leurs affaires, je démêle aisément le motif du prétexte.
Je ne doute pas que Déterville ne les écrive, afin qu’elles me soient lues ; néanmoins je suis persuadée qu’il s’en abstiendrait, s’il était instruit des reproches sanglants dont cette lecture est suivie. Ils font leur impression sur mon cœur. La tristesse me consume.
(Lettre XXIV)
Lettres d'une Péruvienne
L’extrême amitié qu’elle a pour son frère l’indispose contre moi, elle me reproche sans cesse de le rendre malheureux ; la honte de paraître ingrate m’intimide, les bontés affectées de Céline me gênent, mon embarras la contraint, la douceur et l’agrément sont bannis de notre commerce.
(Lettre XXIV)
Lettres d'une Péruvienne
Retirée dans ma chambre, j’y suis restée un jour sans oser paraître, sans avoir eu de nouvelles de personne, et dans un désordre d’esprit qui ne me permettait pas même de t’écrire.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Je serai le seul malheureux. Vous connaîtrez ce cœur que vous dédaignez ; vous verrez de quels efforts est capable un amour tel que le mien, et je vous forcerai au moins à me plaindre.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Eh bien, lui dis-je enfin, je ne le verrai plus, mais je n’en vivrai pas moins pour lui ; si votre amitié est assez généreuse pour nous procurer quelque correspondance, cette satisfaction suffira pour me rendre la vie moins insupportable, et je mourrai contente, pourvu que vous me promettiez de lui faire savoir que je suis morte en l’aimant.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
De quel sang froid vous m’assassinez, s’écria-t-il ! Ah Zilia ! que je vous aime, puisque j’adore jusqu’à votre cruelle franchise. Eh bien, continua-t-il après avoir gardé quelques moments le silence, mon amour surpassera votre cruauté. Votre bonheur m’est plus cher que le mien. Parlez-moi avec cette sincérité qui me déchire sans ménagement.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
— Eh bien, Zilia, me dit-il, si ma vie vous est chère, ordonnez donc que je vive ?
— Que faut-il faire ? lui dis-je.
— M’aimer, répondit-il, comme vous aimiez Aza.
— Je l’aime toujours de même, lui répliquai-je, et je l’aimerai jusqu’à la mort : je ne sais, ajoutai-je, si vos lois vous permettent d’aimer deux objets de la même manière, mais nos usages et mon cœur nous le défendent. Contentez-vous des sentiments que je vous promets, je ne puis en avoir d’autres, la vérité m’est chère, je vous la dis sans détour.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
— Ah, Zilia ! si vous n’êtes point touchée d’un respect si tendre, je vous fuirai ; mais je le sens, ma mort sera le prix du sacrifice.
— Votre mort ! m’écriai-je (pénétrée de la douleur sincère dont je le voyais accablé) hélas ! quel sacrifice ! Je ne sais si celui de ma vie ne me serait pas moins affreux.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Vous savez, Zilia, si je l’ai respecté cet objet de mon adoration ? Que ne m’en a-t-il pas couté pour résister aux occasions séduisantes que m’offrait la familiarité d’une longue navigation. Combien de fois votre innocence vous aurait-elle livrée à mes transports, si je les eusse écoutés ? Mais loin de vous offenser, j’ai poussé la discrétion jusqu’au silence ; j’ai même exigé de ma sœur qu’elle ne vous parlerait pas de mon amour ; je n’ai rien voulu devoir qu’à vous-même.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Né tendre, paresseux, ennemi de l’artifice, les peines qu’il aurait fallu me donner pour pénétrer le cœur des femmes, et la crainte de n’y pas trouver la franchise que j’y désirais, ne m’ont laissé pour elles qu’un goût vague ou passager ; j’ai vécu sans passion jusqu’au moment où je vous ai vue ; votre beauté me frappa, mais son impression aurait peut-être été aussi légère que celle de beaucoup d’autres, si la douceur et la naïveté de votre caractère ne m’avaient présenté l’objet que mon imagination m’avait si souvent composé.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
— Par quelle raison auriez-vous pour moi les sentiments dont vous parlez ?
— En faut-il d’autres que vos charmes et mon caractère, me répliqua-t-il, pour m’attacher à vous jusqu’à la mort ?
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Ah, Zilia ! me répondit-il, que vos termes s’affaiblissent, que votre ton se refroidit !
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Ces mots, lui dis-je (un peu intimidée par la vivacité avec laquelle il prononça ces dernières paroles) ces mots doivent, je crois, vous faire entendre que vous m’êtes cher, que votre sort m’intéresse, que l’amitié et la reconnaissance m’attachent à vous ; ces sentiments plaisent à mon cœur, et doivent satisfaire le vôtre.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Je ne puis encore me flatter, vous ne parlez pas assez bien le français pour détruire mes justes craintes ; vous ne cherchez point à me tromper, je le sais. Mais expliquez-moi quel sens vous attachez à ces mots adorables Je vous aime. Que mon sort soit décidé, que je meure à vos pieds, de douleur ou de plaisir.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Vous m’aimez, Zilia, me dit-il, vous m’aimez, et vous me le dites ! Je donnerais ma vie pour entendre ce charmant aveu ; hélas ! je ne puis le croire, lors même que je l’entends. Zilia, ma chère Zilia, est-il si bien vrai que vous m’aimez ? ne vous trompez-vous pas vous-même ? votre ton, vos yeux, mon cœur, tout me séduit. Peut-être n’est-ce que pour me replonger plus cruellement dans le désespoir dont je sors.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Pendant que je prononçais ce peu de mots, il semblait à l’avidité de ses regards qu’il voulait lire dans mon âme.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
L’ingratitude me fait horreur, je me haïrais moi-même si je croyais pouvoir cesser de vous aimer.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Moi ! m’écriai-je, en l’interrompant, moi je ne vous aime point !
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
À quel sentiment, divine Zilia, dois-je attribuer le plaisir que je vois aussi naïvement exprimé dans vos beaux yeux que dans vos discours ?
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Je voulais tout dire à la fois, je disais mal, et cependant je parlais beaucoup.
(Lettre XXIII)
Lettres d'une Péruvienne
Ô mon cher Aza, que la raison de ce pays est bizarre ! toujours en contradiction avec elle-même, je ne sais comment on pourrait obéir à quelques-uns de ses préceptes sans en choquer une infinité d’autres.
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
La fausseté, mon cher Aza, ne me déplaît guère moins sous le masque transparent de la plaisanterie, que sous le voile épais de la séduction.
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
Pouvais-je me persuader que chez une nation si fastueuse, des hommes, sans contredit au-dessus des autres, par les lumières de leur esprit, fussent réduits à la triste nécessité de vendre leurs pensées, comme le peuple vend pour vivre les plus viles productions de la terre ?
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
En effet, dois-je croire que des gens qui connaissent et qui peignent si bien les subtiles délicatesses de la vertu, n’en aient pas plus dans le cœur que le commun des hommes, et quelquefois moins ?
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
L’esprit tranquille sur les intérêts de ma tendresse, je voulus satisfaire ma curiosité sur les hommes merveilleux qui font des livres ; je commençai par m’informer du rang qu’ils tiennent dans le monde, de la vénération que l’on a pour eux ; enfin des honneurs ou des triomphes qu’on leur décerne pour tant de bienfaits qu’ils répandent dans la société.
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
Nous sommes déjà brouillés.
(Lettre XXII)
Lettres d'une Péruvienne
Le savant homme m’apprit aussi comment le hasard avait conduit les Espagnols jusqu’à ton malheureux empire, et que la soif de l’or était la seule cause de leur cruauté. Il m’expliqua ensuite de quelle façon le droit de la guerre m’avait fait tomber entre les mains de Déterville par un combat dont il était sorti victorieux, après avoir pris plusieurs vaisseaux aux Espagnols, entre lesquels était celui qui me portait.
(Lettre XXI)
Lettres d'une Péruvienne
Le poids de la reconnaissance est bien léger, mon cher Aza, quand on ne le reçoit que des mains de la vertu.
(Lettre XXI)
Lettres d'une Péruvienne
J’aurais pu appliquer à ses raisonnements ce qu’il opposait aux miens : mais si les lois de l’humanité défendent de frapper son semblable, parce que c’est lui faire un mal, à plus forte raison ne doit-on pas blesser son âme par le mépris de ses opinions. Je me contentai de lui expliquer mes sentiments sans contrarier les siens.
(Lettre XXI)
Lettres d'une Péruvienne
Il venait pour m’instruire de la religion de France, et m’exhorter à l’embrasser ; je le ferais volontiers, si j’étais bien assurée qu’il m’en eût fait une peinture véritable.
(Lettre XXI)
Lettres d'une Péruvienne
Je te porterai, mon cher Aza, tout ce que je pourrai amasser de ces merveilleux ouvrages, je te les expliquerai dans notre langue, je goûterai la suprême félicité de donner un plaisir nouveau à ce que j’aime.
Hélas ! le pourrai-je jamais ?
(Lettre XX)
Lettres d'une Péruvienne
Quelques-uns de ces livres apprennent ce que les hommes ont fait, et d’autres ce qu’ils ont pensé. Je ne puis t’exprimer, mon cher Aza, l’excellence du plaisir que je trouverais à les lire, si je les entendais mieux, ni le désir extrême que j’ai de connaître quelques-uns des hommes divins qui les composent. Puisqu’ils sont à l’âme ce que le soleil est à la terre, je trouverais avec eux toutes les lumières, tous les secours dont j’ai besoin.
(Lettre XX)
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