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Citations

Toutes les citations

Cinq années de ma vie
J’arrive enfin au terme de mes souffrances, au terme de mon martyre. Demain je paraîtrai devant mes juges, le front haut, l’âme tranquille.
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
Je t’embrasse mille fois comme je t’aime, comme je t’adore.
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
La vérité finira bien par se faire jour. Ma conscience est calme et tranquille, elle ne me reproche rien. J’ai toujours fait mon devoir, jamais je n’ai fléchi la tête. J’ai été accablé, atterré dans ma prison sombre, en tête à tête avec mon cerveau ; j’ai eu des moments de folie farouche, j’ai même divagué, mais ma conscience veillait. Elle me disait : « Haut la tête et regarde le monde en face. Fort de ta conscience marche droit et relève-toi. C’est une épreuve épouvantable, mais il faut la subir. »
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
Te rappelles-tu quand je te disais combien nous étions heureux ? Tout nous souriait dans la vie. Puis tout à coup un coup de foudre épouvantable, dont mon cerveau est encore ébranlé. Moi, accusé du crime le plus monstrueux qu’un soldat puisse commettre ! Encore aujourd’hui je me crois l’objet d’un cauchemar épouvantable.
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
Ma chère Lucie,

Enfin je puis t’écrire un mot, on vient de me signifier ma mise en jugement pour le 19 de ce mois. On me refuse le droit de te voir.
Je ne veux pas te décrire tout ce que j’ai souffert, il n’y a pas au monde de termes assez saisissants pour cela.
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
On me refusait toujours le droit de voir ma femme. Le 5 décembre, je reçus enfin l’autorisation de lui écrire à lettre ouverte.
(Chapitre III)
Cinq années de ma vie
Le quinzième jour enfin après mon arrestation, le commandant du Paty me montra une photographie de la lettre accusatrice, appelée depuis le Bordereau.
Cette lettre, je ne l’avais pas écrite, je n’en étais pas l’auteur.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
Mais quelles que fussent mes tortures, ma conscience veillait et me dictait infailliblement mon devoir. « Si tu meurs, me disait-elle, on te croira coupable ; quoi qu’il arrive, il faut que tu vives pour crier ton innocence à la face du monde. »
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
J’ignorais toujours quelle était la base de l’accusation ; malgré mes demandes pressantes, je ne pouvais obtenir aucun éclaircissement sur l’accusation monstrueuse portée contre moi. Je me débattais dans le vide.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
Quand je me vis dans cette sombre cellule, sous l’impression atroce de la scène que je venais de subir et de l’accusation monstrueuse portée contre moi, quand je pensai à tous ceux que je venais de quitter il y a quelques heures à peine, dans la joie et le bonheur, je tombai dans un état de surexcitation terrible, je hurlai de douleur.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
« Prenez mes clefs, ouvrez tout chez moi, je suis innocent ! » J’ajoutai : « Montrez-moi au moins les preuves de l’infamie que vous prétendez que j’ai commise. » Les charges sont accablantes, me répondit-on, sans vouloir préciser ces charges.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
Aussitôt la dictée terminée, le commandant du Paty se leva et, posant la main sur moi, s’écria d’une voix tonnante : « Au nom de la loi, je vous arrête ; vous êtes accusé du crime de haute trahison. » La foudre tombant à mes pieds n’eut pas produit en moi une commotion plus violente ; je prononçai des paroles sans suite, protestant contre une accusation aussi infâme que rien dans ma vie ne permettait de justifier.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
Au cours de la dictée, le commandant m’interpella vivement, me disant : « Vous tremblez. »
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
Mon fils Pierre, alors âgé de trois ans et demi, qui s’était accoutumé à me conduire jusqu’à la porte quand je sortais, m’accompagna ce matin-là comme d’habitude. Ce fut un de mes plus vifs souvenirs dans mon infortune ; bien souvent, dans mes nuits de douleur et de désespoir, j’ai revécu cette minute où j’avais serré dans mes bras pour la dernière fois mon enfant ; j’y puisais une nouvelle dose de force et de volonté.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
L’année 1893 se passa sans incidents. Ma fille Jeanne vint éclairer mon intérieur d’un nouveau rayon de joie.
(Chapitre II)
Cinq années de ma vie
La carrière m’était ouverte brillante et facile ; l’avenir se montrait sous de beaux auspices. Après les journées de travail, je trouvais le repos et le charme de la vie familiale. Curieux de toutes les manifestations de l’esprit humain, je me complaisais aux longues lectures durant les chères soirées passées auprès de ma femme. Nous étions parfaitement heureux, un premier enfant égayait notre intérieur ; je n’avais pas de soucis matériels, la même affection profonde m’unissait aux membres de ma famille et de la famille de ma femme.
Tout dans la vie semblait me sourire.
(Chapitre I)
Cinq années de ma vie
Dans le courant de l’hiver, je me fiançai à Mlle Lucie Hadamard, qui est devenue ma compagne dévouée et héroïque.
(Chapitre I)
Cinq années de ma vie
Ma première impression triste, dont le souvenir douloureux ne s’est jamais effacé de ma mémoire, a été la guerre de 1870.
(Chapitre I)
Cinq années de ma vie
Je suis né à Mulhouse, en Alsace, le 9 octobre 1859. Mon enfance s’écoula doucement sous l’influence bienfaisante de ma mère et de mes sœurs, d’un père profondément dévoué à ses enfants, sous la touchante protection de frères plus âgés.
(Chapitre I)
Cinq années de ma vie
Je raconte uniquement dans ces pages ma vie pendant les cinq années où j’ai été retranché du monde des vivants.
Idées républicaines
La politesse, la circonspection, l’indulgence, affermissent l’union entre les amis et dans les familles ; elles feront le même effet dans un petit État, qui est une grande famille.
Idées républicaines
La tolérance est aussi nécessaire en politique qu’en religion ; c’est l’orgueil seul qui est intolérant. C’est lui qui révolte les esprits, en voulant les forcer à penser comme nous ; c’est la source secrète de toutes les divisions.
Idées républicaines
Sera-ce par des livres qui détruisent la superstition, et qui rendent la vertu aimable, qu’on parviendra à rendre les hommes meilleurs ? Oui ; si les jeunes gens lisent ces livres avec attention, ils seront préservés de toute espèce de fanatisme : ils sentiront que la paix est le fruit de la tolérance, et le véritable but de toute société.
Idées républicaines
Malgré ses défauts, cet ouvrage doit être toujours cher aux hommes, parce que l’auteur a dit sincèrement ce qu’il pense, au lieu que la plupart des écrivains de son pays, à commencer par le grand Bossuet, ont dit souvent ce qu’ils ne pensaient pas.
(À propos de L'Esprit des lois de Montesquieu)
Idées républicaines
Je cherchais un fil dans ce labyrinthe ; le fil est cassé presque à chaque article. J’ai été trompé, j’ai trouvé l’esprit de l’auteur, qui en a beaucoup, et rarement l’esprit des lois. Il sautille plus qu’il ne marche ; il amuse plus qu’il n’éclaire ; il satirise quelquefois plus qu’il ne juge ; et il faut souhaiter qu’un si beau génie eût toujours plus cherché à instruire qu’à étonner.
Idées républicaines
Il est clair que Montesquieu, dans l’Esprit des lois, a calomnié l’esprit de la Grèce en prenant une objection que Plutarque réfute pour une loi que Plutarque recommande
Idées républicaines
Montesquieu, il faut l’avouer, ne cite pas mieux les auteurs grecs que les français. Il leur fait souvent dire à tous le contraire de ce qu’ils ont dit.
Idées républicaines
Cet homme supérieur dans ses pensées ingénieuses et profondes, brillant d’une lumière qui l’éblouit, n’a pu asservir son génie à l’ordre et à la méthode nécessaires. Son grand feu empêche que les objets ne soient nets et distincts ; et quand il cite, il prend presque toujours son imagination pour sa mémoire.
(À propos de Montesquieu)
Idées républicaines
Les exemples sont trompeurs, les inductions qu’on en tire sont souvent mal appliquées ; les citations pour faire valoir ces inductions sont souvent fausses. « La nature de l’honneur, dit Montesquieu, est de demander des préférences, des distinctions. L’honneur est donc, par la chose même, placé dans le gouvernement monarchique. » L’auteur oublie que dans la république romaine on demandait le consulat, le triomphe, des ovations, des couronnes, des statues. Il n’y a si petite république où l’on ne recherche les honneurs.
Idées républicaines
On a dit mille fois que l’autorité veut toujours croître, et le peuple toujours se plaindre ; qu’il ne faut ni céder à toutes ses représentations, ni les rejeter toutes ; qu’il faut un frein à l’autorité et à la liberté ; qu’on doit tenir la balance égale. Mais où est le point d’appui ? qui le fixera ? Ce sera le chef-d’œuvre de la raison et de l’impartialité.
Idées républicaines
Il est peut-être utile qu’il y ait deux partis dans une république, parce que l’un veille sur l’autre, et que les hommes ont besoin de surveillants.
Idées républicaines
Le pays du pape, au contraire, depuis Orviette jusqu’à Terracine, dans l’espace de plus de cent vingt milles de chemin, est inculte, inhabité, et devenu malsain par la disette ; on peut y voyager une journée entière sans y trouver ni hommes ni animaux ; il y a plus de prêtres que de cultivateurs ; on n’y mange guère d’autre pain que du pain azyme. C’est là ce pays qui était couvert, du temps des anciens Romains, de villes opulentes, de maisons superbes, de moissons, de jardins, et d’amphithéâtres. Ajoutons encore à ce contraste que six régiments suisses s’empareraient en quinze jours de tout l’État du pape. Qui aurait fait cette prédiction à César, lorsqu’en passant il vint battre les Suisses au nombre de près de quatre cent mille, l’aurait bien étonné.
Idées républicaines
La moitié du terrain de la Suisse est composée de rochers et de précipices, l’autre est peu fertile ; mais quand des mains libres, conduites enfin par des esprits éclairés, ont cultivé cette terre, elle est devenue florissante.
Idées républicaines
Ce pays, gouverné en commun, doit être plus riche et plus peuplé que s’il était gouverné par un maître : car chacun, dans une vraie république, étant sûr de la propriété de ses biens et de sa personne, travaille pour soi-même avec confiance ; et, en améliorant sa condition, il améliore celle du public. Il peut arriver le contraire sous un maître. Un homme est quelquefois tout étonné d’entendre dire que ni sa personne ni ses biens ne lui appartiennent.
Idées républicaines
Ceux qui n’ont ni terrain ni maison dans cette société doivent-ils y avoir leur voix ? Ils n’en ont pas plus le droit qu’un commis payé par des marchands n’en aurait à régler leur commerce ; mais ils peuvent être associés, soit pour avoir rendu des services, soit pour avoir payé leur association.
Idées républicaines
Il n’y a jamais eu de gouvernement parfait, parce que les hommes ont des passions ; et s’ils n’avaient point de passions, on n’aurait pas besoin de gouvernement. Le plus tolérable de tous est sans doute le républicain, parce que c’est celui qui rapproche le plus les hommes de l’égalité naturelle.
Idées républicaines
À l’égard des finances, on sait assez que c’est aux citoyens à régler ce qu’ils croient devoir fournir pour les dépenses de l’État ; on sait assez que les contributions doivent être ménagées avec économie par ceux qui les administrent, et accordées avec noblesse dans les grandes occasions. Il n’y a sur cet article nul reproche à faire à notre république.
Idées républicaines
Un code criminel est absolument nécessaire pour les citoyens et pour les magistrats. Les citoyens alors n’auront jamais à se plaindre des jugements, et les magistrats n’auront point à craindre d’encourir la haine : car ce ne sera pas leur volonté qui condamnera, ce sera la loi. Il faut une puissance pour juger par cette loi seule, et une autre puissance pour faire grâce.
Idées républicaines
Un tribunal doit avoir des lois fixes pour le criminel comme pour le civil ; rien ne doit être arbitraire, et encore moins quand il s’agit de l’honneur et de la vie que lorsqu’on ne plaide que pour de l’argent.
Idées républicaines
On a brûlé ce livre chez nous. L’opération de le brûler a été aussi odieuse peut-être que celle de le composer. Il y a des choses qu’il faut qu’une administration sage ignore. Si ce livre était dangereux, il fallait le réfuter. Brûler un livre de raisonnement c’est dire : Nous n’avons pas assez d’esprit pour lui répondre. Ce sont les livres d’injures qu’il faut brûler, et dont il faut punir sévèrement les auteurs, parce qu’une injure est un délit. Un mauvais raisonnement n’est un délit que quand il est évidemment séditieux.
Idées républicaines
Car quels que soient les dogmes des nations, elles feront toujours la guerre.
Idées républicaines
Si on se donnait la peine de lire attentivement ce livre du Contrat social, il n’y a pas une page où l’on ne trouvât des erreurs ou des contradictions.
Idées républicaines
La cour de Pétersbourg nous regardera comme de grands astrologues si elle apprend qu’un de nos garçons horlogers a réglé l’heure à laquelle l’empire russe doit être détruit.
Idées républicaines
N’insultons ni les monarchies ni les républiques.
Idées républicaines
Quand un homme, quel qu’il soit, présume assez de lui-même pour donner des leçons sur l’administration publique, il doit paraître prudent et impartial, comme les lois mêmes qu’il fait parler.
Idées républicaines
Tant d’ignorance, jointe avec tant de présomption, indigne tout homme instruit. Lorsque cette ignorance présomptueuse traite avec tant d’outrages des nobles vénitiens, on demande quel est le potentat qui s’est oublié ainsi ? Quand on sait enfin quel est l’auteur de ces inepties, on se contente de rire.
Idées républicaines
Nous avons le droit, quand nous sommes convoqués, de rejeter ou d’approuver les magistrats et les lois qu’on nous propose ; nous n’avons pas le droit de destituer les officiers de l’État quand il nous plaît : ce droit serait le code de l’anarchie. Le roi de France lui-même, quand il a donné des provisions à un magistrat, ne peut le destituer qu’en lui faisant son procès. Le roi d’Angleterre ne peut ôter une pairie qu’il a donnée. L’empereur ne peut destituer quand il lui plaît un prince qu’il a créé. On ne destitue les magistrats amovibles qu’après le temps de leur exercice. Il n’est pas plus permis de casser un magistrat par caprice que d’emprisonner un citoyen par fantaisie.
Idées républicaines
Tous les hommes ne doivent pas être manœuvres.
Idées républicaines
Il faut se défier de toutes ces règles générales, qui n’existent que sous la plume des auteurs.
Idées républicaines
Il paraît bien étrange que l’auteur du Contrat social s’avise de dire que tout le peuple anglais devrait siéger en parlement, et qu’il cesse d’être libre quand son droit consiste à se faire représenter au parlement par députés. Voudrait-il que trois millions de citoyens vinssent donner leur voix à Westminster ? Les paysans en Suède comparaissent-ils autrement que par députés ?
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