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Citations

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Lettres d'une Péruvienne
Te l’avouerai-je, mon cher Aza, tout ce qui s’offrit à mon passage me parut prendre une nouvelle forme ; les fleurs me semblaient plus belles, les arbres plus verts, la symétrie des jardins mieux ordonnée.
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Je faisais à Céline des caresses qu’elle me rendait avec la même tendresse.
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Vous avez signé ce matin l’acte authentique qui vous met en possession de l’une et l’autre. Grondez-nous à présent tant qu’il vous plaira, ajouta-t-elle en riant, si rien de tout cela ne vous est agréable.
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Si mon frère avait disposé de quelques parties de vos trésors pour en faire l’acquisition, et qu’au lieu des ennuyeuses formalités, dont il s’est chargé, il ne vous eût réservé que la surprise, nous haïriez-vous bien fort ?
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Avouez, Zilia, me dit-elle, que vous êtes bien fâchée contre nous, et que vous le serez bien davantage, si je vous dis, qu’il est très vrai que cette terre et cette maison vous appartiennent.
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Nous bornâmes notre course dans un bois qui termine ce beau jardin ; assis tous quatre sur un gazon délicieux, nous commencions déjà à nous livrer à la rêverie qu’inspirent naturellement les beautés naturelles, quand à travers les arbres, nous vîmes venir à nous d’un côté une troupe de paysans vêtus proprement à leur manière, précédés de quelques instruments de musique, et de l’autre une troupe de jeunes filles vêtues de blanc, la tête ornée de fleurs champêtres, qui chantaient d’une façon rustique, mais mélodieuse, des chansons, où j’entendis avec surprise, que mon nom était souvent répété.
(Lettre XXXII)
Lettres d'une Péruvienne
Ô mon cher Aza ! que les vices brillants d’une nation d’ailleurs charmante, ne nous dégoûtent point de la naïve simplicité de nos mœurs ! N’oublions jamais, toi, l’obligation où tu es d’être mon exemple, mon guide et mon soutien dans le chemin de la vertu ; et moi celle où je suis de conserver ton estime et ton amour, en imitant mon modèle, en le surpassant même s’il est possible, en méritant un respect fondé sur le mérite et non pas sur un frivole usage.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
L’impudence et l’effronterie sont les premiers sentiments que l’on inspire aux hommes, la timidité, la douceur et la patience, sont les seules vertus que l’on cultive dans les femmes : comment ne seraient-elles pas les victimes de l’impunité ?
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Il est clair que les hommes naturellement lâches, sans honte et sans remords ne craignent que les punitions corporelles, et que si les femmes étaient autorisées à punir les outrages qu’on leur fait de la même manière dont ils sont obligés de se venger de la plus légère insulte, tel que l’on voit reçu et accueilli dans la société, ne serait plus ; ou retiré dans un désert, il y cacherait sa honte et sa mauvaise foi : mais les lâches n’ont rien à craindre, ils ont trop bien fondé cet abus pour le voir jamais abolir.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Je m’informai, et j’appris, mon cher Aza, qu’un homme est obligé d’exposer sa vie pour la ravir à un autre, s’il apprend que cet autre a tenu quelques discours contre lui ; ou à se bannir de la société s’il refuse de prendre une vengeance si cruelle.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Je m’étais bien aperçue en entrant dans le monde que la censure habituelle de la nation tombait principalement sur les femmes, et que les hommes, entre eux, ne se méprisaient qu’avec ménagement.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Nous avons trouvé que la force et le courage dans un sexe, indiquait qu’il devait être le soutien et le défenseur de l’autre, nos lois y sont conformes. Ici loin de compatir à la faiblesse des femmes, celles du peuple accablées de travail n’en sont soulagées ni par les lois ni par leurs maris ; celles d’un rang plus élevé, jouet de la séduction ou de la méchanceté des hommes, n’ont pour se dédommager de leurs perfidies, que les dehors d’un respect purement imaginaire, toujours suivi de la plus mordante satyre.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
La première loi de leur politesse, ou si tu veux de leur vertu (car je ne leur en connais point d’autre) regarde les femmes. L’homme du plus haut rang doit des égards à celle de la plus vile condition, il se couvrirait de honte et de ce qu’on appelle ridicule, s’il lui faisait quelque insulte personnelle. Et cependant l’homme le moins considérable, le moins estimé, peut tromper, trahir une femme de mérite, noircir sa réputation par des calomnies, sans craindre ni blâme ni punition.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Il n’est pas surprenant, mon cher Aza, que l’inconséquence soit une suite du caractère léger des Français ; mais je ne puis assez m’étonner de ce qu’avec autant et plus de lumières qu’aucune autre nation, ils semblent ne pas apercevoir les contradictions choquantes que les étrangers remarquent en eux dès la première vue.
Parmi le grand nombre de celles qui me frappent tous les jours, je n’en vois point de plus déshonorante pour leur esprit, que leur façon de penser sur les femmes. Ils les respectent, mon cher Aza, et en même-temps ils les méprisent avec un égal excès.
(Lettre XXXI)
Lettres d'une Péruvienne
Heureuse la nation qui n’a que la nature pour guide, la vérité pour mobile et la vertu pour principe.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Enfin, mon cher Aza, leurs vices sont artificiels comme leurs vertus, et la frivolité de leur caractère ne leur permet d’être qu’imparfaitement ce qu’il sont. Ainsi que leurs jouets de l’enfance, ridicules institutions des êtres pensants, ils n’ont, comme eux, qu’une ressemblance ébauchée avec leurs modèles ; du poids aux yeux, de la légèreté au tact, la surface coloriée, un intérieur informe, un prix apparent, aucune valeur réelle. Aussi ne sont-ils estimés par les autres nations que comme les jolies bagatelles le sont dans la société. Le bon sens sourit à leurs gentillesses et les remet froidement à leur place.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Tel qui pense bien, médit d’un absent pour n’être pas méprisé de ceux qui l’écoutent. Tel autre serait bon, humain, sans orgueil, s’il ne craignait d’être ridicule, et tel est ridicule par état qui serait un modèle de perfections s’il osait hautement avoir du mérite.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Naturellement sensibles, touchés de la vertu, je n’en ai point vu qui écoutât sans attendrissement l’histoire que l’on m’oblige souvent à faire de la droiture de nos cœurs, de la candeur de nos sentiments et de la simplicité de nos mœurs ; s’ils vivaient parmi nous, ils deviendraient vertueux : l’exemple et la coutume sont les tirants de leurs usages.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Ne crois pas pour cela, mon cher Aza, qu’en général les Français soient nés méchants, je serais plus injuste qu’eux si je te laissais dans l’erreur.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Il ne faut ni éloquence pour se faire écouter, ni probité pour se faire croire. Tout est dit, tout est reçu avec la même légèreté.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Ce qu’ils appellent la mode n’a point encore altéré l’ancien usage de dire librement tout le mal que l’on peut des autres, et quelquefois celui que l’on ne pense pas. Les plus gens de bien suivent la coutume ; on les distingue seulement à une certaine formule d’apologie de leur franchise et de leur amour pour la vérité, au moyen de laquelle ils révèlent sans scrupule les défauts, les ridicules et jusqu’aux vices de leurs amis.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
La censure est le goût dominant des Français, comme l’inconséquence est le caractère de la nation. Leurs livres sont la critique générale des mœurs, et leur conversation celle de chaque particulier, pourvu néanmoins qu’ils soient absents.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
À mon arrivée en France, n’entendant pas la langue, je ne pouvois juger que sur les dehors ; peu instruite dans la maison religieuse, je ne l’ai guère été davantage à la campagne, où je n’ai vu qu’une société particulière, dont j’étais trop ennuyée pour l’examiner. Ce n’est qu’ici, où répandue dans ce que l’on appelle le grand monde, je vois la nation entière.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Le temps a dissipé mes inquiétudes : je ne les vois plus que comme un songe dont la lumière du jour efface l’impression.
(Lettre XXX)
Lettres d'une Péruvienne
Aza ! je t’aime si tendrement ! pourrais-tu m’oublier ?
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Mon chagrin se tourna tout entier contre lui, je le traitai durement, il me quitta désespéré.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Pour la première fois, ma tendresse me devint un sentiment pénible, pour la première fois je craignis de perdre ton cœur ; Aza, s’il était vrai, si tu ne m’aimais plus, ah ! que ma mort nous sépare plutôt que ton inconstance.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Cependant les réflexions sur l’inconstance des hommes, sur les dangers de l’absence, et sur la légèreté avec laquelle tu avais changé de religion, restèrent profondément gravées dans mon esprit.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Je ne pus me défendre des soupçons qui se présentèrent en foule à mon esprit.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Cruelle Zilia ! s’écria-t-il avec transport, accompagnez-vous toujours vos bontés des coups les plus sensibles ? un mortel poison détruira-t-il sans cesse le charme que vous répandez sur vos paroles ? Que je suis insensé de me livrer à leur douceur ! dans quel honteux abaissement je me plonge ! C’en est fait, je me rends à moi-même, ajouta-t-il d’un ton ferme ; adieu, vous verrez bientôt Aza. Puisse-t-il ne pas vous faire éprouver les tourments qui me dévorent, puisse-t-il être tel que vous le désirez, et digne de votre cœur.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Les sanglots étouffèrent sa voix, il se hâta de cacher les larmes qui couvraient son visage, j’en répandais moi-même : aussi touchée de sa générosité que de sa douleur, je pris une de ses mains que je serrai dans les miennes ; non, lui dis-je, vous ne partirez point. Laissez-moi mon ami, contentez-vous des sentiments que j’aurai toute ma vie pour vous ; je vous aime presqu’autant que j’aime Aza, mais je ne puis jamais vous aimer comme lui.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Ma chère Zilia, s’écria-t-il en me baisant la main avec ardeur, que vos bontés et votre franchise redoublent mes regrets ! quel trésor que la possession d’un cœur tel que le vôtre ! mais avec quel désespoir vous m’en faites sentir la perte ! Puissante Zilia, continua-t-il, quel pouvoir est le vôtre ! n’était-ce point assez de me faire passer de la profonde indifférence à l’amour excessif, de l’indolence à la fureur, faut-il encore me vaincre ? Le pourrai-je ?
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Ma chère Zilia, s’écria-t-il en me baisant la main avec ardeur, que vos bontés et votre franchise redoublent mes regrets ! quel trésor que la possession d’un cœur tel que le vôtre ! mais avec quel désespoir vous m’en faites sentir la perte !
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Combien de motifs pour vous chérir ! jusqu’à la noblesse de votre figure, tout me plaît en vous : l’amitié a des yeux aussi-bien que l’amour. Autrefois après un moment d’absence, je ne vous voyais pas revenir sans qu’une sorte de sérénité ne se répandît dans mon cœur ; pourquoi avez-vous changé ces innocents plaisirs en peines et en contraintes ? Votre raison ne paraît plus qu’avec effort. J’en crains sans cesse les écarts. Les sentiments dont vous m’entretenez, gênent l’expression des miens, ils me privent du plaisir de vous peindre sans détour les charmes que je goûterais dans votre amitié, si vous n’en troubliez la douceur. Vous m’ôtez jusqu’à la volupté délicate de regarder mon bienfaiteur, vos yeux embarrassent les miens, je n’y remarque plus cette agréable tranquillité qui passait quelquefois jusqu’à mon âme : je n’y trouve qu’une morne douleur qui me reproche sans cesse d’en être la cause. Ah, Déterville ! que vous êtes injuste, si vous croyez souffrir seul !
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Votre douceur et votre bonté me firent désirer dès lors de gagner votre amitié, à mesure que j’ai démêlé votre caractère.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Combien j’aurais de reproches à vous faire, si vous n’étiez pas tant à plaindre !
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Hélas ! interrompit-il encore, que la reconnaissance est peu flatteuse pour un cœur malheureux ! Compagne de l’indifférence, elle ne s’allie que trop souvent avec la haine.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Importuné du tumulte, je venais jouir en paix de ma douleur. Je vous ai aperçue, j’ai combattu avec moi-même pour m’éloigner de vous, mais je suis trop malheureux pour l’être sans relâche ; par pitié pour moi je me suis approché, j’ai vu couler vos larmes, je n’ai plus été le maître de mon cœur, cependant si vous m’ordonnez de vous fuir, je vous obéirai.
(Lettre XXIX)
Lettres d'une Péruvienne
Céline, toute occupée de son nouvel époux, ne m’est d’aucun secours, le reste de la compagnie ne m’est point agréable ; ainsi, seule au milieu d’une assemblée tumultueuse, je n’ai d’amusement que mes pensées, elles sont toutes à toi, mon cher Aza ; tu seras à jamais le seul confident de mon cœur, de mes plaisirs, et de mon bonheur.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Je sens un désir violent de l’obliger à me parler, et la crainte de réveiller ses plaintes et ses regrets, me retient.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Le penchant des François les porte si naturellement aux extrêmes, que Déterville, quoiqu’exempt d’une grande partie des défauts de sa nation, participe néanmoins à celui-là.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Les jeunes hommes, qui sont ici en grand nombre, se sont d’abord empressés à me suivre jusqu’à ne paraître occupés que de moi ; mais soit que la froideur de ma conversation les ait ennuyés, ou que mon peu de goût pour leurs agréments les ait dégoûtés de la peine qu’ils prenaient à les faire valoir, il n’a fallu que deux jours pour les déterminer à m’oublier, bientôt ils m’ont délivrée de leur importune préférence.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Les divertissements de ce pays me paraissent aussi peu naturels, aussi affectés que les mœurs. Ils consistent dans une gaieté violente, exprimée par des ris éclatants, auxquels l’âme paraît ne prendre aucune part : dans des jeux insipides dont l’or fait tout le plaisir, ou bien dans une conversation si frivole et si répétée, qu’elle ressemble bien davantage au gazouillement des oiseaux qu’à l’entretien d’une assemblée d’êtres pensants.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Loin que la joie et les plaisirs dont tout le monde paraît enivré, me dissipent et m’amusent, ils me rappellent avec plus de regret les jours paisibles que je passais à t’écrire, ou tout au moins à penser à toi.
(Lettre XXVIII)
Lettres d'une Péruvienne
Je goûtai enfin le délicieux plaisir de donner.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Je reconnus dans mon action plus d’orgueil et de vengeance que de générosité. Que les vices sont près des vertus ! J’avouai ma faute, j’en demandai pardon à Céline ; mais je souffrais trop de la contrainte qu’elle voulait m’imposer pour n’y pas chercher de l’adoucissement.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Rappelez votre équité si vous voulez en inspirer aux autres.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Je l’avoue en rougissant, mon cher Aza, je sentis moins alors la générosité de Déterville, que le plaisir de lui donner des preuves de la mienne.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Ces trésors sont à vous, belle Zilia, puisque je les ai trouvés sur le vaisseau qui vous portait. Quelques discussions arrivées entre les gens de l’équipage m’ont empêché jusqu’ici d’en disposer librement. Je voulais vous les présenter moi-même, mais les inquiétudes que vous avez témoignées ce matin à ma sœur, ne me laissent plus le choix du moment. Je ne saurais trop tôt dissiper vos craintes, je préférerai toute ma vie votre satisfaction à la mienne.
(Lettre XXVII)
Lettres d'une Péruvienne
Ouvrez, Zilia, ouvrez sans vous effaroucher, c’est de la part d’Aza.
(Lettre XXVII)
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